« Quand t’as un groupe unis, tu surmontes tous les obstacles »

 

Il y a une semaine, le FCV fêtait sa montée en 2e ligue après une victoire 3-0 sur le FC Champel. Une montée attendue depuis trois ans pour le club. Un objectif atteint par le jeune entraîneur Singarella, qui fêtait pour le coup son premier titre. Retour sur une saison exceptionnelle avec l’homme fort du club, à la base de ce succès tant attendu.

  • Quelle semaine riche en émotion. Champions samedi passé, demi-finaliste en coupe mardi avec une élimination aux tirs au but. Comment tu te sens Sam ?
    Je me sens bien. Malgré cette élimination en coupe aux pénaltys, je suis content et très satisfait du groupe et de la saison que nous avons passé ensemble. Ce n’était pas facile car quand on a repris l’équipe en juillet dernier, elle avait tête sous l’eau après avoir subi deux échecs consécutifs.
  • Première saison et tu fais la promotion. Finalement, ce n’était pas si compliqué de monter… ?
    C’est facile de dire ça maintenant ! Il y a tout un travail de fourmi à faire en amont, des détails à régler. Et dans la vie comme dans le sport, ce sont les détails qui font la différence. Si on nous avait dit au début de saison qu’on aurait terminé champion avec 9 points d’avance à deux journées du terme, on aurait signé toute de suite ! Rien n’est arrivé par hasard.
  • Revenons quelques mois en arrière. 25 juillet 2016, début de la préparation, tu te retrouves sans la paire défensive Virchaux et Jordan Buchs. Ce n’est pas vraiment ce que tu espérais en arrivant.
    Certainement pas. Mais on a dû très vite combler ce manque. Et encore une fois, en faisant confiance aux joueurs que j’avais à disposition, cela c’est très bien passé. La preuve en est que nous sommes actuellement la meilleure défense de 3e ligue, deux groupes confondus. En plus d’être champion…

Dario Nicastro, devenu leader de l’effectif versoisien

  • Dès ton arrivée, tu nommes très vite comme capitaine Nicastro. Peux-tu expliquez ce choix ?
    Je voulais apporter un changement, bousculer ce qui se faisait auparavant. Et Dario (Nicastro), en plus d’être un enfant du club, avait les qualités et l’envergure pour l’être.
  • T’amènes dans tes bagages Claudio Sordillo et Kevin Gordino. Comment s’est passé leur intégration au groupe ?
    Elle a été bonne. Claudio et Kevin étaient connus déjà par une majorité du groupe, ce qui a facilité leur intégration. Dans mon optique, et c’est ce que j’ai annoncé à mes adjoints Bernard et Matteo, je voulais amener des joueurs qui s’intègrent facilement à l’équipe. Chose qui s’est très bien passée.
  • Et tu intègres aussi un jeune joueur, Matthew Whibley. Et dire qu’au début il ne devait jouer qu’avec les juniors A…
    Il est LA révélation de l’année ! Au départ, quand on te présente un jeune joueur que tu ne connais pas mais que tout le monde te parle en bien, tu le prends, tout en sachant qu’au pire des cas, il pourra jouer avec les juniors A. Mais il s’est avéré que Matthew est devenu très vite un titulaire indiscutable de l’équipe.
  • Un début de saison difficile pour toi. Tu perds coup sur coup sur blessure Guillaume Terrier, Jonathan Whibley, Adama Diagne. Comment as-tu fais pour palier à ces absences ?
    En me basant sur un groupe de qualité. On avait annoncé une saison difficile. Etant favoris, nous étions l’équipe à battre. Mais pour vaincre, il fallait que chacun soit solidaire et redouble d’efforts. C’est peut-être une banalité pour beaucoup, mais si tu as un groupe unis, tu surmontes tous les obstacles. Lorsque j’ai appelé un joueur à suppléer un autre, il a toujours su répondre présent.
  • Après 6 journées, tu avais quatre points de retard sur le leader Chênois. Les spectres de la saison passée ressortaient au club et chez les dirigeants. Comment as-tu géré cette situation ?
    Nous l’avons géré parfaitement bien. Entouré de mon staff, j’ai protégé les joueurs de ces mauvaises ondes. Nous étions conscience de notre force et que surtout rien n’était encore joué. Nous avons donc affronté cette situation avec calme et sérénité.
  • Finalement, tu termines champions d’automne en allant gagner sur le terrain de Poste et une fin de premier tour impressionnante.
    La fin du tour automne a été exceptionnelle. Nous gagnons les quatre derniers matchs en remontant toujours au score. Surtout le match de coupe contre City dans lequel on va chercher la victoire en prolongation. Suite à cela, on bat l’outsider Chênois, pour ensuite aller gagner à Poste et prendre la tête du championnat. Position qu’on ne lâchera plus jamais.

Jean-François Bell, un retour gagnant sur la pelouse

  • Au mercato, tu retrouves finalement un Jean-François opérationnel dans l’effectif. Qu’est-ce qu’il a apporté au groupe ?
    Du calme et de la sérénité. Il a amené avec lui toute son expérience qui a été bénéfique pour tout le monde. Sans oublier son leadership, fondamental dans les moments décisifs. Le seul souci en soi était sa condition physique.
  • Dans une interview à Proxifoot, tu as dit « on ne gère pas un Mergim Ferati comme les autres ». C’est-à-dire ?
    Mergim ne se gère pas comme les autres du fait qu’il revenait d’une grave blessure. Par conséquent, il ne faisait pas forcément les trois entrainements par semaine au début. C’est d’ailleurs le même cas de figure pour Bell. Ce que je voulais dire c’est qu’il y a des joueurs avec qui on regardait plus précisément leur préparation afin qu’il soit au mieux pour les matchs le dimanche. Car en soi, c’est ça le plus important. Et concernant Mergim, cette gestion nous a donné raison puisqu’il n’a manqué aucune rencontre pour des raisons médicales. Personne n’aurait espérer le voir jouer autant cette saison. À la fin du premier tour, il a enchainé trois matchs sur des terrains synthétiques (Champel, Chênois, Poste) plus un match de 120 minutes en coupe (City). Autant dire que son genou a été mis à rude épreuve mais a finalement tenu. Je suis vraiment content pour lui.
  • Sam, finalement Saint-Paul aura été la seule équipe qui n’a pas été battue par le FCV cette saison…
    Au football, chaque équipe a sa bête noire. Je pense que pour le FC Versoix, c’est le FC Saint-Paul. C’est comme ça, on y peut rien. Après nous n’avons pas perdu, nous avons partagé les points. Nous sommes d’ailleurs toujours invaincus depuis 25 matchs. Ce qui montre que mon équipe hait la défaite. La chose positive c’est que pendant un an au moins, on ne risque pas d’affronter notre bête noire (rires).
  • Avançons dans la saison. 17e journée, tu affrontes le match capital contre Lancy sans Ferati, Malanda et M. Whibley. Est-ce que c’est la victoire où tu t’es dit « on peut être champion ? »
    Lancy venait de faire match nul contre Poste. C’était une équipe qui avait les armes pour nous embêter, et qui reste une deuxième équipe d’une première ligue. On savait ce qui nous attendait. D’autant plus qu’aller on avait fait match nul. Dans ce match, l’équipe a su répondre et à s’adapter à une situation difficile. En effet, déjà que Ferati (suspendu) et Malanda (blessé) n’étaient pas présents, M. Whibley se blesse à l’échauffement. J’ai dû donc revoir mes plans avant le coup d’envoi. Mais ça montre la qualité et la solidarité de ce groupe qui n’a pas été perturbé. D’ailleurs, cette victoire contre Lancy a été l’un des plus beaux matchs de la saison.

La victoire de la montée fêtée contre Champel

  • Au final, le titre s’est joué contre Champel à la maison, à deux journées de la fin. C’est ce que tu souhaitais? Ou tu préférais te jouer le titre contre Poste lors de l’ultime match ?
    C’est ce qui était souhaité. Du moment qu’on a eu six points d’avance, l’objectif était de maintenir le plus longtemps possible cette avance. Mes adjoints Bernard et Matteo pourront le confirmer, du moment qu’on a regardé le calendrier, l’objectif était d’arriver contre Champel pour valider le championnat. Maintenant on peut le dire, mais jouer une montée le dernier match, contre ton adversaire directe, je n’étais clairement pas enchanté. C’est sûrement beau pour l’affiche, mais il y aurait eu beaucoup trop de pression autour de cette rencontre. C’est très bien comment ça s’est déroulé.
  • Qu’est-ce que t’as ressenti au coup de sifflet final ?
    J’ai ressenti un immense soulagement. Le message que j’aie matraqué tout au long de la saison est passé. Je pense que c’est une énorme satisfaction pour tout entraîneur.
  • Un peu de fierté ?
    Forcément, puisque quand tu gagnes t’es toujours un peu fier de toi. J’ai surtout de la fierté pour le travail qui a été accompli. Pendant 10 mois, tu bosses avec les mêmes gars pour un seul objectif. Donc c’est normal que lorsque tu l’atteints, t’es fier de tes joueurs, de ton staff, du groupe.
  • Toi qui as été dans l’élite du football genevois et qui as voyagé à travers la Suisse dans des stades importants. Qu’est-ce qu’il vaut le Stade Municipal avec ses supporters ?
    C’est grandiose ce qu’a fait l’association des supporters. Quand tu vois qu’en première ligue promotion, une rencontre du Stade Nyonnais attire 50 spectateurs, et que Versoix en troisième ligue parvient à réunir 700 personnes, c’est juste incroyable. Il faut féliciter ses groupes de supporters qui ont été corrects tout au long de la saison, sans aucun problème de discipline sur et en-dehors du terrain. Pour ce qui est de l’ambiance du Municipal, le groupe donne cet engouement. Cette équipe du FCV fait plaisir à voir. Les gens s’identifient à cela.
  • Cette saison on a assisté à une véritable performance de Michael Bleve. Comment expliques-tu son explosion ?
    Tout simplement par la confiance qu’on lui a donné et sa gestion. Par ses coups-francs, il a sorti l’équipe à maintes reprises. Il a joué libéré et cela s’est nettement vu. Sûrement plus que les autres années.

C’est tout simplement la saison la plus prolifique pour Bleve avec 20 buts

  • Statistique étonnante, tu possèdes la meilleure attaque de 3e ligue, mais tes deux buteurs sont des milieux de terrains (Bleve et Ferati). Comment expliques-tu ce paradoxe ? Des attaquants pas à la hauteur ?
    Le système de jeu a voulu cela. Lorsque tu joues avec un seul attaquant, celui-ci sert plutôt de pivot. Les actions sont amenées par les couloirs et le milieu offensif. Par conséquent, l’attaquant marque moins de but, mais il participe plus à l’élaboration d’un but.
  • Ton plus beau souvenir de la saison ?
    Je ne peux pas encore dire le tour en tracteur de la Ville puisque ça ne date que depuis une semaine. Je dirai les fous rires du matin avec mon staff lors des déplacements. Franchement, on était toute de suite dans la bonne humeur pour affronter ce qui nous attendait après.
  • Quels sont tes matchs références ?
    La première journée contre Bernex où on fait une première mi-temps impressionnante en termes d’intensité et de niveau technique. Et le match retour contre Lancy, pour les mêmes raisons.
  • Cite 3 mots pour définir cette saison
    Ambiance – Groupe – Victoire
  • Un remerciement ?
    Je remercie le Président Simon Pidancet ainsi que le comité du club pour m’avoir donné l’opportunité d’être l’entraîneur de la Première l’an dernier. Je tenais également a remercier mon staff, Bernard et Matteo, de m’avoir conseillé et accompagné dans cette aventure humaine et sportive. C’est aussi leur victoire.

Singarella toujours proche de son staff

  • Enfin, après avoir passé en revue cette saison, quel rôle va tenir le FCV en 2e ligue ?
    L’avenir nous le dira. Mais ceux qui me connaissent savent mes intentions et mes envies (il sourit).

Propos recueillis par Matteo Ianni
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