Le FC Versoix l’a fait ! Le club s’est qualifié pour les quarts de finale de la Coupe Genevoise en battant l’ogre OG au terme d’une séance de tirs aux buts interminables. Menés 0-1 puis 1-2, les Bleus ont par deux fois remonté le score dans le temps réglementaire. L’histoire continue pour Singarella et ses joueurs.

Michael Juninho Bleve
Malgré une pluie diluvienne et un vent glacial, le public est au rendez-vous pour ce huitième de finale. Comme à leur habitude, le KOP Versoix 1927 prend place dans le virage du Municipal, avec banderoles et drapeaux au vent. Côté pelouse, mise à part les titularisations de Bell en défense et Ciccarone en attaque, le FCV 2017 est le même que le précédent.

Et comme lors des derniers matchs de l’an passé, les Bleus sont menés au score, après seulement 2 minutes de jeu. Un scénario qui laisse présager le pire pour le FCV.
Mais c’était sans compter sur l’abnégation des hommes de Singarella et de son meilleur buteur Michael Bleve. Par ses dribbles, le numéro 10 versoisien tente de percer la défense adverse par ses raides solitaires et sur l’un d’eux, il obtient un coup-franc aux abords de la surface. Une offrande pour lui, tant il excelle dans cet exercice. Encore une fois, il ne se fait pas prier pour la transformer en but (1-1). Une égalisation qui permet aux Bleus d’être moins crispés et de prendre le jeu à leur compte.

Malgré tout, les visiteurs restent menaçant en contre-attaque et le portier Rocha doit se surpasser sur un arrêt réflexe exceptionnel devant sa ligne, à la Gordan Banks face à Pelé.
Ça sera l’unique alerte pour le FCV avant la pause, tant la paire défensive Bell-Nicastro est un mur infranchissable. L’arbitre renvoie d’ailleurs les deux équipes à boire le thé, sur ce score de parité.

Le froid, la pluie et la boue
La seconde période débute comme la première, à savoir un OG dangereux en contre-attaque et un FCV dominateur, notamment dans la possession du ballon.  Mieux en jambes que leurs adversaires, les Bleus vont cependant se faire surprendre dès l’entame de la reprise. Par une sortie hasardeuse, Rocha fauche l’attaquant adverse et provoque un penalty, OG ne se faisant pas prié pour le transformer (1-2).

Mais comme à leur habitude, les Bleus se retroussent les manches en se ruant vers l’attaque pour égaliser. Et par une tentative lointaine de l’insatiable Bleve, le FCV parvient à revenir dans le match à l’heure de jeu. (2-2).

Dès lors, le match entre dans une dimension épique. La pluie devient diluvienne, le vent de plus en plus glacial et la pelouse boueuse. Le coach Singarella opère ses premiers changements en insérant Diagne et M. Whibley. Ce dernier apporte toute sa combattivité et sa technicité dans l’entrejeu versoisien. Le FCV a les crocs et devient conquérant. Derrière, Sordillo rejoue une réplique de Gonzague « Tu n’passeras pas ! » à l’ailier d’OG (https://www.youtube.com/watch?v=5Yc6u8c6kdM). Bell est un véritable roc où les attaquants adverses s’écrasent. Nicastro anticipe le moindre souffle de son vis-à-vis. Dans l’intervalle, Malanda, avec un calme olympien et une nonchalance propre à lui-même, est la clé de voûte du jeu versoisien en alternant récupération et relance. L’animation offensive est laissée aux pieds de génies de Ferati et Bleve. Mais surtout ce qui frappe aux yeux des spectateurs, est la condition physique affichée des Bleus. Alors que les Noirs d’OG tirent la langue, les locaux semblent voler. Il ne manque que la concrétisation. Malgré la volonté, la bande à Singarella n’arrive pas à inscrire le but victorieux durant le temps réglementaire et l’arbitre dirige les deux équipes en prolongation.

Une séance interminable
Peu d’émotion dans les deux mi-temps des prolongations. Seul épisode, anecdotique de la domination territoriale du FCV, un défenseur d’OG prend un carton rouge. Si à 11 contre 11 les adversaires étaient acculés, en infériorité numérique ils créent un véritable bunker devant leur but. À bout de souffle, les Bleus doivent se résigner et l’arbitre siffle la fin des 120 minutes de jeu, direction les pénaltys. Et c’est avec une certaine confiance que le FCV les aborde. Et oui, dans les cages règne un certain Walter Rocha, dit « Le Spécialiste ». Un surnom reçu pour ses prouesses dans cet exercice.

L’adjoint Ditzoff donne les 5 premiers tireurs : G. Whibley, Broutet, Bell, Sordillo, Nicastro. Oui, vous lisez bien. 4 défenseurs et un attaquant. Quant à Ferati et Bleve « ne se la sente pas » comme on dit dans le jargon du football.

Coup du destin, la séance va au-delà des cinq premiers tirs, avec une balle de match manquée par Nicastro lors du dernier shoot. Mais ce n’était que partie remise.

Désormais confrontées dans le quitte ou double, les deux équipes doivent désigner de nouveaux tireurs. Finalement Bleve, puis Ferati prennent leur responsabilité et permettent au FCV de rester en vie. C’est au tour d’Andrea Piccirillo, ex-versoisien et frère de Luca (Piccirillo), de venir défier Rocha. Et c’est à cet instant décisif que le portier du FCV sort le ballon. Deuxième balle de match. Qui pour la transformer ? Malanda semble hésitant, Diagne refuse. C’est finalement Matthew Whibley, du haut de ses 18 ans, de qualifier son équipe. Prenant exemple sur son frère ainé, il fusille le gardien adverse d’une frappe pile au centre. Le ballon fouette les filets. Le FC Versoix est qualifié pour les quarts de finale et élimine l’Olympique de Genève, grand favori de la compétition.

2017 débute par un exploit. Oui, car c’est un club de 3e ligue qui élimine une équipe de 2e ligue, qui plus est un favori pour la compétition.
Un succès qui sert de rampe de lancement pour un deuxième tour qui débute ce dimanche (12 mars). Il n’y a pas à douter, outre être spectaculaire dans le jeu, l’équipe de Singarella semble être mentalement très forte et surtout très soudée. L’en atteste l’embrassade entre Luca Piccirillo et Walter Rocha. Concurrents mais avant tout coéquipiers.

Quelques reflets du match :

Vous trouverez de nombreuses autres photos sur notre page Facebook !…